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MÉDITERRANÉE - Prèmiere à Marseille Echos de la presse française

Catalina Buzoianu ressuscite Ulysse.
Metteur en scène internationalement reconnue, Catalina Buzoianu est désormais chez elle au Théâtre Toursky. Pour ce quatrième Mai-Diterranée (Le Festival de L'Insitut International du Théâtre Méditerranéen), cette artiste-humaniste a mis les bouchées doubles afin répondre à la folie contagieuse de Richard Martin: créer Méditerranée d'après Panaït Istrati (auteur qui a écrit toute son œuvre en français sous l'influence de Romain Rolland). Méditerranée est tout à la fois dans un tohu-bohu de chants et danses mais aussi un voyage initiatique. Alexandrie, le Caire, Delphes, départs sans certitudes de retour, la quête des voyageurs sans bagages, éternellement errants. On chante, on danse, on crève de désirs, on dégringole de palaces-mirages en bordels miteux, on trinque, on se bat, on se déchire, on fait la paix dans la vapeur du narguilé. On est roi, maquereau, putain. On est prophet en son pays. On en a plein les yeux, le nez, le sexe, le coeur. On suffoque. On demande grâce. Nous voici ivres par ce flot de beauté et vérités premières. On sait alors que la "mare nostrum", la mer sans cesse renouvelée, est notre mère à nous, les fils de lumière, nous qui sommes les frères d'Ulysse.
Edmée SANTY - Le Vrai Journal, juin 1999

On peut désormais le considérer comme une tradition bien établie le mini-festival des artistes et créateurs roumains que le Théâtre Toursky accueille chaque année. A la tête de la troupe, on retrouve Catalina Buzoianu, metteur en scène qu'on n'a plus besoin de présenter au public marseillais. Cette grande artiste nous livre une œuvre de Panaït Istrati, écrivain roumain d'expresion française, sous la forme d'une spectacle visuel. Dans cette pièce qui évoque les guerres et les dictatures du début du siècle, la poésie trouve aussi sa place.
Oscar CARCHIDI - La Marseillaise, novembre 1999

Novembre roumain au Toursky.
Catalina Buzoianu adapte et met en scène Méditerranée, d'après le roman de Panaït Istrati évoquant l'expérience initiatique d'Ulysse. Le chemin sinueux qui passe de l'utopie à echec des extrêmes passe par des zones sombres mais aussi par des oasis de confiance dans la destinée de l'humanité.
Les Nouvelles Publications économiques et juridiques, novembre 1999

Des auteurs ancrés dans la réalité.
Istrati y analyse l'esprit et l'âme de cet espace particulier, lieu de rencontres de tant des langues, cultures, civilisations, religions. Catalina Buzoianu en a fait une remarquable adaptation scénique qui permet aux comédiens, aux musiciens et aux spectateurs de s'embarquer pour un irrésistible voyage dans un monde magique et pittoresque. Richard Martin, accompagné d'une distribution très nombreuse, joue cette Méditerranée pour attiser notre conscience sur les sédiments d'une civilisation foisonnante et particulière.
Jean-Louis CHÂLES - Semaine des Spectacles, novembre 1999

La musique de Nicu Alifantis, arrangée par Dorina Crisan-Rusu qui officie au piano, contribue grandement à créer l'atmosphère cosmopolite et déjà presque orientale de l'est méditerranéen dans la première moitié de notre siècle. Le Bosphore, Constantinople, Alexandrie… On est d'ailleurs souvent très près de Lawrence Durrell et de sa faramineuse tétralogie dans l'esprit comme dans l'anecdote. Et ce monde bigarré et volupteux, que d'aucuns diraient interlope, revit devant nos yeux en sa mythologie quelque peu frelatée mais si torrentueusement vivante, par la grâce d'une mise en espace efficacement éclatée, par la qualité des acteurs que l'on ne peut ici tous citer mais parmi lesquels on relève la présence de Richard Martin - voix off matérialisée de l'auteur - , de Tania Sourseva et de tous les comédiens roumains qui ont le courage et l'élégance de jouer en français - fait rarissime de la part d'une troupe étrangère (mais les Roumains sont-ils vraiment des étrangers?) -, par la qualité de l'unique décor à transformations dont la stylisation hiératique s'oppose avec force au grouillement vertigineux de l'action. Il y a là l'apport assumé de Brecht et une amusante succession de citations et réminiscences (Unrat de l'Ange bleu, par exemple) qui contribuent à renforcer l'atmosphère très particulière de ce début de siècle en Méditerranée orientale. Une remontée nostalgique dans le temps.
J.L., Revue Sud, Mars 2000

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